B) Conditions et Interprétations de la Fossilisation

            Lorsque nous avons expliqué le processus de fossilisation dans la partie précédente, nous n'avons pas insisté sur les conditions de formations d'un fossile ou d'un micro-fossile, en effet, la fossilisation est un processus particulièrement exceptionnel. En effet, un nombre presque incalculable d'espèces animales et végétales se sont succédées. Sans les fossiles pour nous témoigner de plus de 4 milliards d'années d'évolution, depuis les premières bactéries jusqu'à la faune et la flore actuelle. Le nombre d'animaux fossiles estimés au jour d'aujourd'hui ne représente qu'à peine 0,1% d'espèce globales, et encore moins on été retrouvé. Les fossiles ne sont donc que des exceptions de la nature....

La fossilisation des foraminifères ne réussit pas à chaque mort d'un foraminifère, des conditions physico-chimiques environnementales extrêmement sont requises pour qu'un microfossile puisse avoir une chance d'être créé.

              1) Préservation :

Il doit tout d'abord être recouvert d'une couche de sédiment protectrice fine, puis par une autre suffisamment lourde pour faire augmenter la pression et donc garantir l'enfouissement du premier sédiment à l'intérieur de la coquille et ceci juste après la mort de l'animal. Il faut également qu'il y ait conservation de la coquille durant la solidification des sédiments car sinon ils ne peuvent pas prendre la forme de la coquille. Pour cela, les eaux d'écoulements chargées trop fortement en gaz sont à proscrire.

 Prenons le cas ou la globigérine : elle tombe sur un lit sédimentaire au fond des océans. L'eau de mer de composition (Na+ + H2O) est chargée en oxygène or si un milieu est trop oxygéné, la décomposition (due à l'oxygénation) des parties molles seraient instantanées à l'échelle des temps géologiques, et celle des coquilles seraient trop rapides pour permettre à une couche de sédiment de recouvrir entièrement la coquille et donc d'assurer sa fossilisation. C’est pour cela qu’une couche de sédiment protectrice doit recouvrir au plus vite un fossile, afin d’assurer un milieu anoxique ou presque au microfossile. Cela va retarder la décomposition du test de la globigérine, pour permettre à une couche de sédiment de recouvrir la première où s’est déposé le fossile. Elle va aussi servir à protéger le test des bactéries nécrophages, ainsi que de la putréfaction et des courants d'air qui seraient destructeurs pour le test.

 

                        2) Les sédiments :

Bien évidemment, la nature des sédiments joue un rôle essentiel dans la fossilisation: les marnes ainsi que l'argile sont de bons sédiments car ils sont presque imperméables ce qui permet à l'eau oxygénée de ne pas s'introduire à l'intérieur de la coquille et de ne pas désagréger les sédiments.

La compaction des sédiments est également un atout pour la fossilisation, car elle va permettre la diminution de l'eau et empêcher au maximum les dégradations par hydrolyse, c'est pour cette raison que les sédiments fins, comme les marnes, propices à la compaction offrent de bonnes chances de conservation.

A l'inverse, le sable ou le gravier sont à élider pour le remplissage de la coquille car ils sont perméables et laisse entrer l'eau. De plus, les sables sont des matériaux contenant une certaine acidité, et ce pH trop faible provoque une destruction rapide du test de la globigérine et ne permet pas la conservation du test de la globigérine et donc ne permet pas la formation du futur fossile.

 

                        3) Mouvements géologiques :

            Il faut également éviter les mouvements des fonds marins par les poissons ou crustacés cherchant leur nourriture dans les couches sédimentaires aquatiques où se trouve le foraminifère mort. Un mouvement de nageoire mal dirigé pourrait faire disparaître la couche sédimentaire protectrice d'une globigérine morte par exemple, un séisme sous-marin peut également détruire le test et le fossile par la même occasion.

 Cependant, les fossiles de foraminifères et autres animaux peuvent être relayé jusqu'à des profondeurs inaccessibles par des mouvements lithosphériques. Pour permettre la découverte d'un fossile, il faut que les couches sédimentaires qui le recouvrent soient d’abords amenées à la surface par un mouvement ascendant lithosphérique, mais ensuite que les couches soient dégagées par les travaux humains et/ou par l'érosion. En rajoutant cette nouvelle condition, on estime le nombre d'espèces fossiles trouvées aujourd'hui à 0,013% du nombre total d'espèce ayant vécu sur notre planète.

            Même si on remplit toutes ces conditions très exigeantes, il existe encore une chose qui peut perturber l'étude des fossiles découverts. En effet, un fossile appartient à une couche sédimentaire, il subit donc de plein fouet les mouvements lithosphériques comme dit précédemment, il subit donc des étirements, des distorsions, des plissements et ainsi les fossiles découverts n'ont pas forcément les mêmes proportions en fonction de leur milieu. Un milieu montagneux ne procure que peu de chance à un fossile d'être dans les mêmes proportions que lors de sa vie.

            C'est pour toutes ces raisons qu'il est nécessaire de vérifier qu'une globigérine ou autre micro-fossile n'a pas subit trop de déformations au cours des temps pour ne pas fausser la nature du fossile par exemple, et ne pas fausser l'étude stratigraphique. Car les foraminifères ont des formes relativement semblables alors si un est déformé, il peut être confondu avec un autre. C'est pour cela qu'il est important de vérifier la nature des fossiles avant de faire une étude stratigraphique, comme nous l'avons fait pour la détermination de l'âge de la globigérine.

                        4) Interprétations et conclusion:

Si l'on ajoute toutes ces conditions, on comprend bien que la formation d'un fossile est vraiment une exception de la nature car il faut une conjonction de conditions à la fois physico-chimique (pH, Température...) environnementales (nature des sédiments, mouvements géologiques...) pour qu'un fossile puisse se former.

Nous allons maintenant montrer comment on peut représenter une fossilisation qui prend plusieurs millions d'années dans la nature en laboratoire et en faire une observation macroscopique.

 

 

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Commentaires (1)

1. Cyrille zeh 18/01/2012

Assez bon article, mais j'aimerais savoir dans le cas de l'argile qui est un bon sédiment si ce dernier subissait un métamorphisme qu'adviendrait-il du fossile?

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